Du fumier dans les nouvelles unités de méthanisation

Xergi travaille à l'utilisation en méthanisation de grandes quantités de fumier dans plusieurs unités de méthanisation au Danemark. Nous avons constaté l'importance que cela a pour la teneur des sols en carbone, et nous avons discuté avec un certain nombre de producteurs laitiers danois qui travaillent déjà avec des unités de méthanisation.

Xergi est en train de développer plusieurs projets de méthanisation au Danemark, pour lesquels la production d'énergie sera largement basée sur le fumier des élevages laitiers.

« Nous avons remarqué que le fumier est disponible en quantité. Le fumier est riche en énergie, et nous avons mis au point une technologie permettant d'exploiter cette énergie », indique Jørgen Ballerman, directeur, au sujet du développement de nouveaux projets de méthanisation au Danemark.

Jusqu'à maintenant, il n'était pas possible d'exploiter le fumier pour la méthanisation à visée commerciale. Mais la technologie de traitement NiX®d'Xergi, en mesure de traiter le fumier, a fait d'énormes progrès et le développement de nouvelles unités de méthanisation de plus grande taille mettant en œuvre cette technologie bat son plein.

Une influence sur la teneur en carbone des sols ?

Lors des échanges avec les éleveurs concernés, il a été demandé à Xergi quelle conséquence le fait d'exploiter le fumier dans une unité de méthanisation au lieu de l'épandre directement sur le sol aurait pour la teneur en carbone des sols.

Nous avons transmis cette question au professeur Jørgen E. Olesen, l'un des principaux spécialistes danois des questions d'environnement et de climat liées à l'agriculture.

« Il n'y a pas une grande différence entre l'épandage du fumier dans les champs et son utilisation dans une unité de méthanisation. Avec la méthanisation du fumier, le sol stockera un peu moins de carbone, mais la différence est négligeable. Cela est dû au fait que le carbone transformé dans l'unité de méthanisation est le carbone le plus réactif, tandis que le carbone le moins réactif est réintroduit dans le sol avec la biomasse méthanisée. Dans le cas de l'épandage du fumier, le carbone le plus réactif sera également transformé relativement rapidement. Cela signifie que sur une période de trois ou quatre ans, la différence est négligeable », explique Jørgen E. Olesen.

L'azote est bien plus important

« Les éleveurs emploient généralement un mode de culture visant à maintenir un certain niveau d'azote dans les sols. C'est pourquoi il vaudrait mieux s'intéresser à l'azote contenu dans les déjections animales », précise le professeur de l'Université d'Aarhus.

« La difficulté pour les éleveurs est d'obtenir un rendement en azote suffisamment élevé. Le biogaz est particulièrement intéressant à ce niveau » ajoute-t-il.

Deux producteurs laitiers satisfaits

Biogas News a également deux producteurs laitiers fournissant déjà leur lisier à une unité de méthanisation. Ils se disent tous les deux satisfaits de ce dispositif et sont favorables à son application au fumier.

Ces deux agriculteurs sont Peter Mamsen et Hans Gejl, qui fournissent leur lisier à Linkogas dans le Sud du Jutland.

Peter Mamsen fournit chaque semaine 150 m3 de lisier bovin et porcin.

« Ça marche très bien, je trouve. Par rapport au lisier brut, le lisier méthanisé est beaucoup plus facile à manipuler. Le lisier brut est épais et visqueux. Le lisier méthanisé est plus fluide, il est beaucoup plus facile à pomper avec l'épandeur. Alors que le lisier brut reste à la surface du sol, le lisier méthanisé pénètre plus facilement. C'est particulièrement intéressant pour l'épandage sur les cultures comme les céréales d'hiver», explique Peter Mamsen.

De plus, l'azote organique du lisier est transformé en azote ammoniacal, plus facilement assimilable par les plantes. C'est justement pour cette raison que le professeur Olesen est favorable au biogaz.

Une logistique parfaite

Hans Gejl fournit 150 m3 de lisier brut chaque semaine. Il souligne également que le lisier méthanisé est plus facile à manipuler et qu'il est presque inodore comparé au fumier brut. Et il se dit très satisfait de la logistique.

« Nous disposons de cuves à lisier à différents endroits de l'exploitation. Lorsque le lisier méthanisé arrive, nous le faisons livrer dans le réservoir le plus proche des champs où il sera utilisé. Cela nous évite d'avoir à transporter le lisier entre la ferme et les champs concernés », indique Hans Gejl.

Un meilleur engrais

Ils aimeraient tous les deux pouvoir fournir leur fumier à l'unité de méthanisation.

« La possibilité de nous débarrasser du lisier en excédent serait un plus pour nous. Mais n'oublions pas que nous utilisons une partie de notre fumier comme couche flottante dans les réservoirs de lisier méthanisé, car ce dernier ne peut pas en produire lui-même », explique Peter Mamsen.

« Le fumier n'est pas mauvais pour les champs, mais le lisier méthanisé constitue un meilleur engrais. Nous n'hésiterions pas une seconde à fournir notre fumier à l'unité de méthanisation », ajoute Hans Gejl.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Xergi A/S, Jørgen Ballermann, Directeur Général, tél. : +45 99 35 16 00, jba@xergi.com