Les projets de méthanisation exigent une solide analyse de la rentabilité

« En tant qu'éleveurs, nous voulons contribuer aux efforts de la société dans le but de participer à la protection de l’environnement et du climat, mais la rentabilité se doit d’être au rendez-vous », explique l'agriculteur Torben Pedersen qui, en 2008, a dirigé l'élaboration d'un projet de méthanisation à Holsted, au Danemark. L'usine est désormais en place et le biogaz est sur le point d’être produit.


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En 2008, quelque 60 agriculteurs visionnaires de la région de Brørup et Holsted, au Danemark, se sont lancés dans l'élaboration d'un projet local de méthanisation. Après sept ans d'efforts, les 40 membres de la coopérative voient désormais leur persévérance couronnée de succès. L'usine de méthanisation est presque terminée et, début juin, le biométhane sera produit. 
 
Le projet a nécessité à la fois des investissements, des compétences et un travail acharné. Mais tout au long du processus, les agriculteurs n'ont jamais perdu de vue leur objectif. 
 
« Si je voulais conserver mon entreprise à long terme, je n'avais d'autre choix que de me tourner vers cette solution. Je reviens justement des États-Unis où les agriculteurs ont désormais l'obligation de mettre en place des usines de méthanisation lorsqu'ils veulent agrandir leurs troupeaux. Dans les années 1970, les agriculteurs fabriquaient des cuves à lisier. Aujourd'hui, nous construisons des usines de méthanisation. Aujourd'hui, les agriculteurs se demandent s'ils doivent s'impliquer dans le développement durable et contribuer à la protection de l'environnement et du climat », explique l'agriculteur Torben Pedersen.
 
Il est président de Brørup Holsted Biogas a.m.b.a. qui est aujourd'hui propriétaire de l'usine de méthanisation avec l’énergéticien NGF Nature Energy.

Une bonne analyse de rentabilité

Mais comment arrivez-vous à ne pas jeter l'éponge quand on sait que cela prend sept ans, voire plus, pour mettre en œuvre un projet de méthanisation ?
 
« Tout d'abord, il est important d'avoir un peu d'argent à investir dès le début de manière à pouvoir engager quelqu'un pour effectuer une partie du travail. C'est la raison pour laquelle les agriculteurs se sont regroupés et ont investi environ 335 000 € dans le projet », explique Torben Pedersen. 
L'étape suivante consistait à trouver quelqu'un capable de nous aider à développer le projet. 
 
« A ce stade, Xergi nous a vraiment beaucoup aidé et en particulier sur les aspects techniques et opérationnels», déclare le président. Dans la phase de développement, tant Xergi que les agriculteurs se sont efforcés d'établir une analyse précise de la rentabilité. 
 
« Nous voulions vraiment contribuer au développement durable en tant qu'éleveurs, mais la méthanisation n'est plus pour les pionniers. Il a donc fallu établir une analyse de rentabilité qui tienne la route afin d'obtenir un bon retour sur notre investissement. Cela nous a pris beaucoup de temps, mais quand on croit en son projet, il est difficile d'abandonner », explique Torben Pedersen. 

NGF Nature Energy s'implique dans le projet

La décision prise par le Parlement danois en 2012 visant à améliorer les conditions-cadres pour la production de méthane au Danemark a fait avancer le projet. 
 
Une fois que la décision était officielle, la société d'énergie NGF Nature Energy a annoncé vouloir investir dans des usines danoises de méthanisation. Cela a débouché sur une collaboration fructueuse pour la création de la société de production de biogaz NGF Nature Energy Holsted. 
 
NGF Nature Energy possède une partie du réseau danois de gaz naturel. L'objectif de la société de rejoindre le projet est donc clair.
 
« Nous voulons construire des usines de production de biogaz parce que nous voulons avoir du gaz vert dans le réseau de gaz. Le Danemark a pour objectif de ne plus utiliser d'énergies fossiles d'ici à 2050. La société aura toujours besoin d'un réseau de gaz pour son système d'énergie verte, et il est donc naturel que nous contribuions à assurer la production de biogaz », explique Hans Henrik Dahl Andersen, responsable de l'usine chez NGF Nature Energy. 

Le fumier renforce l'économie

Par ailleurs, Hans Henrik Andersen ne peut dire que du bien du travail réalisé par Xergi à ce jour :
 
« Nous sommes très contents d'avoir signé un contrat avec l'un des fournisseurs les plus professionnels du Danemark. Xergi a une bonne expérience à l'étranger et l'entreprise propose ainsi quelques technologies intéressantes, en particulier dans les biomasses difficiles comme le fumier », dit-il. 
Il fait référence au X-Chopper® que Xergi a conçu pour broyer et défibrer le fumier afin qu'il puisse rentrer en grande quantité dans l'installation de méthanisation. Le fumier a un grand potentiel de production de biogaz et X-Chopper ® contribue de ce fait à renforcer l'analyse de rentabilité susmentionnée.
 
« Nous prévoyons donc d'avoir un plein retour sur investissement », explique Hans Henrik Andersen.
 
L'usine sera mise en service durant l'été et la réception par NGF Nature Energy Holsted est prévue pour août 2015.
 

NGF Nature Energy Holsted

Biomasse : 393 000 tonnes de biomasse. Environ 75% sont des effluents d’élevage, dont du fumier de bovins et de porcs. La biomasse supplémentaire vient notamment de déchets organiques de l'industrie et de cultures. Les cultures sont notamment l'herbe des pâturages et des zones naturelles, la betterave, le maïs et autres. 
Production d'énergie : 11-13 millions m³ de gaz naturel par an.