Prêts pour la prochaine étape du biogaz à partir de déjections animales

Xergi reçoit le soutien de l'État danois pour optimiser la technologie NiX® permettant d'augmenter considérablement la production de gaz à partir de déjections d'animaux d'élevage.

Le Danemark a pour objectif d'exploiter 50% des déjections d'animaux d'élevage pour la production de biogaz d'ici 2020. Il devient donc indispensable de développer des unités de méthanisation basées sur cette ressource. Mais il n'avait jusqu'à présent pas été possible d'assurer la viabilité financière de cette filière.

C'est pourquoi Xergi est passée à l'étape suivante dans le développement de la technologie brevetée NiX® en vue de permettre une exploitation rentable basée exclusivement sur les déjections des animaux d'élevage.

Des résultats prometteurs

NiX® est un autoclave permettant d'effectuer un prétraitement des biomasses très riches en azote avant leur introduction dans le digesteur de l'unité de méthanisation. Au cours du processus, on ajoute des composés basiques pour séparer l'azote et le collecter afin de pouvoir l'utiliser comme engrais. L'azote pose problème dans les unités de méthanisation car, à concentration élevée, il est toxique pour les bactéries qui transforment la biomasse en gaz dans le digesteur.

« Le développement de la technologie NiX® a montré des résultats prometteurs dans trois domaines : les fientes de poulet, le lisier de porc déshydraté et la litière provenant de l'élevage bovin. Les premiers résultats montrent que la technologie NiX® peut augmenter la production de gaz de ces types de déchets jusqu'à 40-45% tout en éliminant environ 70% de la teneur en ammoniaque. Cette technologie pourra donc améliorer la rentabilité d'un certain nombre de projets basés sur les déjections animales », dit Frank Rosager, directeur technique chez Xergi.

Optimiser les systèmes et les processus

Il explique que Xergi est déjà prête à fournir des unités de méthanisation basées sur la technologie NiX®, mais que l'entreprise préfère poursuivre le développement de la technologie car des pistes d'optimisation ont été identifiées.

« En 2012, nous allons travailler à l'optimisation de l'organisation des systèmes et des paramètres de processus pour la technologie NiX®. Il s'agit notamment de trouver de nouveaux composants permettant de réduire le montant de l'investissement et d'optimiser les paramètres de prix afin d'obtenir un volet financier optimal », déclare Frank Rosager.

Il explique que l'État danois soutient la phase d'optimisation avec un montant 3,6 millions DKK accordé par l'EUDP, programme de développement et de présentation des technologies énergétiques. Le coût total de cette phase du projet est évalué à 9 millions DKK.

« Les travaux d'optimisation du NiX® ont lieu dans l'unité pilote de centre de recherche à Foulum, au Danemark. Nous pensons pouvoir présenter les résultats de ce processus d'optimisation à la fin de l'année. Nous sommes actuellement à la recherche d'un lieu adapté pour un projet de démonstration à échelle 1 afin de prouver le potentiel d'une exploitation commerciale basée à 100% sur les déjections d'animaux d'élevage », annonce Frank Rosager.