La méthanisation est la première grande possibilité offerte par l’économie circulaire

Aucune plante ne peut pousser sans phosphore ; or les mines mondiales de phosphore seront épuisées dans un avenir proche. C’est pourquoi il est essentiel que nous travaillions à la mise en œuvre d’une économie circulaire dans laquelle les éléments nutritifs fassent partie d’un cycle de la matière. La Commission Européenne a élaboré un plan d’action qui a pour objectif de permettre aux installations de méthanisation de s’acquitter plus facilement de cette tâche. 

spring leaves 673x200px

Lorsque les vaches sont nourries et que l’industrie fabrique des produits alimentaires basés sur des éléments organiques, les substances nutritives proviennent généralement du sol sur lequel les plantes ont poussé.

Ainsi, une fois que nous avons bu le lait, mangé la viande et utilisé les produits organiques, il importe de conserver les substances nutritives dans le cycle. Autrement dit, il est indispensable que les nutriments soient retournés au sol afin qu’ils puissent être utilisés à des fins de production de nouvelles plantes, et ainsi qu’ils redeviennent du fourrage, du fromage, des steaks...

« C’est particulièrement le cas pour l’élément phosphore, qui n’est pas une ressource renouvelable. A l’heure actuelle, on extrait de grandes quantités de phosphore des mines, entre autres au Maroc et en Chine, et plusieurs groupes de chercheurs internationaux s’attendent à ce que ces mines soient épuisées au cours de ce siècle. C’est pourquoi il importe de chercher à recycler ce phosphore de la manière la plus efficiente possible », explique Michael Kjølner Hansen, responsable des ventes chez Xergi.

Actuellement, de grandes quantités de phosphore et d’azote sont déversées dans les mers du monde entier. Aussi, il devient de plus en plus difficile dans les conditions actuelles de le conserver dans le cycle et  cette fuite génère une pollution de notre environnement marin. Il y a donc de nombreux avantages à encourager la conservation ces éléments nutritifs, et en cela, les installations de méthanisation constituent un outil très efficace.

Recycler plus de 2 000 tonnes d’éléments fertilisants

Chaque fois que l’on construit une unité de méthanisation, l’économie circulaire gagne davantage de terrain. À Bogense en Fionie du Nord, par exemple, où NGF Nature Energy a inauguré le 29 janvier 2016 une nouvelle installation de méthanisation construite par Xergi.

250 000 tonnes de lisier, 34 000 tonnes de déchets alimentaires et 42 000 tonnes de fumier et biomasses végétales seront transformées chaque année en engrais organique qui contribuera au dynamisme de l’agriculture dans les champs de Fionie.

Une fois que l’unité de méthanisation aura atteint son rythme de croisière, elle pourra recycler chaque année environ 1 300 tonnes d’azote, 250 tonnes de phosphore et 950 de potassium. C’est ce que montrent les calculs qui ont été effectués par Xergi lors de la phase de conception de cette installation. En plus de permettre le recyclage des éléments nutritifs, l’installation produit annuellement 10 millions de mètres cubes de biométhane qui sont injectés dans le réseau de gaz naturel et rend ainsi la consommation de gaz danoise plus écologique.

Exploiter les ressources locales

Le traitement du lisier et du fumier par l’unité de méthanisation permet aux substances nutritives du fumier d’être absorbées plus facilement par les plantes, si bien que l’exploitation du fumier local devient optimale. En même temps, cette unité permet d’exploiter les éléments nutritifs également contenus dans les déchets alimentaires qui sans cela auraient été incinérés.

Cela signifie globalement que les agriculteurs de la région peuvent réduire leur consommation d’engrais de synthèse et ainsi mieux utiliser les ressources locales.

C’est le cas par exemple de l’agriculteur Lau Hvid Hansen, qui réalise essentiellement des cultures sur son exploitation. Il a besoin de plus d’engrais que ce que son élevage porcin n’est capable de produire. C’est pourquoi, il achète habituellement chaque année des fertilisants chimiques.

Désormais, grâce à la méthanisation, une partie des engrais artificiels peut être substituée par l’engrais organique provenant l’unité. L’unité autorise également une redistribution de l’engrais organique, issus de la transformation des effluents d’élevage, vers les zones de cultures là où les fertilisants sont nécessaires.

 « La qualité du biofertilisant est tout-à-fait déterminante pour moi pour les cultures. L’engrais organique doit avoir une qualité uniforme à chaque fois, et les substances nutritives qu’il contient doivent pouvoir être facilement absorbées par les plantes. L’installation de méthanisation fournit un excellent digestat qui présente les propriétés adéquates », explique Lau Hvid Hansen.

Quand les plantes peuvent aisément assimiler ces substances nutritives, cela signifie en même temps que la lixiviation des  éléments nutritifs dans le milieu aquatique est réduite, souligne-t-il.

C’est bénéfique pour le milieu aquatique, et en même temps nous évitons que le précieux phosphore ne disparaisse dans la mer. Il sera en effet difficile de le récupérer dans les océans, le jour où il y aura une pénurie de phosphore.

L’UE souhaite promouvoir le recyclage des éléments nutritifs

Lorsqu’une unité de méthanisation, comme celle de Fionie du Nord par exemple, est mise en service, cela réduit le besoin d’aller trouver davantage de phosphore dans les mines. Dans un même temps, la demande en azote d’origine chimique, qui nécessite généralement une forte consommation en énergies fossiles, va également diminuer.

C’est dans ce contexte que dans son plan d’action pour l’économie circulaire, la Commission de l’UE a décidé de soumettre dès le début de l’année 2016 un projet de révision de la Règlement sur les Engrais en vue de promouvoir le recyclage des substances nutritives issues des déchets.

Depuis plus de 30 ans, bon nombre d’installations de méthanisation européennes cherchaient à recycler un pourcentage croissant d’éléments nutritifs. C’est en ce sens, que les unités de méthanisation constituent un pilier dans une approche systémique d’économie circulaire où acteurs locaux, ressources locales et environnement vont de concert.

Cela a été un processus long et pénible, et les hommes politiques européens peuvent apprendre beaucoup de l’évolution suivie par l’industrie de la méthanisation. Ils y trouveront une précieuse source d’inspiration à appliquer dans une économie optimale sur le plan de l’environnement. Il leur reste une vaste tâche à accomplir en renversant les barrières et en encourageant le développement. Nous espérons bien entendu que le plan d’action pour l’économie circulaire sera un pas important dans la bonne direction », déclare Jørgen Ballermann, Directeur Général de Xergi.

Pour en savoir davantage sur la stratégie de l’UE en matière d’économie circulaire :

http://ec.europa.eu/environment/circular-economy/index_en.htm

Plate-forme européenne du phosphore :

http://www.phosphorusplatform.eu/

Les connaissances internationales sur le phosphore :

http://phosphorusfutures.net/